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LE BLOG DE JACK - Ancien militaire des OPEX (Liban - Kosovo...) et porte-drapeau à l'UFAC des Côtes d'Armor.

24 Apr

Tensions Chine-Japon:ne pas perdre "la face"!

Publié par jack

Tensions Chine-Japon:ne pas perdre "la face"!
Nouvelles tensions autour des îles Senkaku, visite polémique du sanctuaire Yasukuni, symbole de l'impérialisme nippon,ce week-end et en ce début de semaine les provocations n'ont cessé de se multiplier entre la Chine et le Japon. Au bord de la crise diplomatique, aucune des parties ne paraît prête à calmer le jeu à court terme.

Partisan d’une ligne dure, le nouveau premier ministre japonais Shinzo Abe entend donner l’image d’un homme politique qui ne saurait fléchir devant les pressions étrangères. Au premier rang desquelles, la Chine.


La visite du vice-premier ministre japonais au sanctuaire Yasukuni, accompagné d’une délégation de 168 parlementaires est à ce titre un signal d’un durcissement de la relation avec Pékin, pris comme un véritable affront par la Chine. C'est la plus importante visite de parlementaires nippons depuis 1989 dans ce lieu de mémoire.


Le sanctuaire Yasukuni construit en 1869, rend hommage aux Japonais « ayant donné leur vie au nom de l'empereur du Japon ». Il ignore les crimes de guerre de l’empereur Hiro-Hito ainsi que le massacre de Nankin en 1937 et honore environ 2,5 millions de morts pour la patrie.

Parmi les noms honorés figurent ceux de 14 Japonais reconnus coupables de crimes de guerre par les Alliés après la Seconde Guerre mondiale.


Entre déni et révisionnisme, Yasukuni est un symbole puissant du passé impérialiste et du nationalisme japonais, chaque visite d’un premier ministre au sanctuaire est particulièrement controversée et scrutée par les diplomaties chinoises et coréennes. Même l’empereur Hiro-Hito, peu suspect de pacifisme, avait cessé ses visites au sanctuaire en 1975, déclarant qu’il « se sentait mal à l’aise » à l’idée que des criminels de guerre y étaient vénérés.


En 2010, l’ancien premier Ministre Naoto kan, avait également interdit toute visite au sanctuaire à son cabinet pour éviter les tensions avec ses voisins asiatiques. Ainsi aucun premier ministre japonais n’avait plus visité le sanctuaire depuis Junichiro Koizumi, en 2006. Si le premier ministre japonais n’a pas franchi la ligne rouge, en commémorant lui-même les criminels de guerre japonais, il y a consacré un objet en bois utilisé pour des rituels, appelé masakaki.


Par ailleurs Shinzo Abe, a toujours fait partie de la « délégation parlementaire allant prier à Yasukuni » et avait déclaré en février devant le parlement japonais : « je regrette vraiment de ne pas avoir visité le sanctuaire de Yasukuni au cours de mon premier mandat ».

Tokyo et Pékin au bord de la crise diplomatique


La visite du vice-premier ministre et d’une forte délégation a, en effet, provoqué une quasi-crise diplomatique entre le Japon, la Chine et la Corée du Sud.

La Corée du Sud a immédiatement annulé un projet de voyage à Tokyo de son ministre des Affaires étrangères pour protester. Et Pékin, qui redoutait la « ligne dure » du nouveau premier ministre japonais, a également protesté contre les visites du week-end. Le porte parole de la diplomatie chinoise appelant Tokyo à « expier son passé ».


Dans son éditorial du 23 avril, le Global Times, quotidien chinois proche du régime explique que cette visite « marque une étape importante qui laisse peu de place à Pékin et Séoul pour les manœuvres diplomatiques. Ces visites controversées prouvent une fois de plus que le Japon est le provocateur dans cette partie de l’Asie ».


Peu de champ pour les manœuvres diplomatiques alors que l’un des défis prioritaires que le Japon doit affronter consiste à savoir comment travailler en étroite collaboration avec la Chine et la Corée du Sud pour faire face à la belliqueuse Corée du Nord, qui intensifie ses provocations dans le cadre de ses armes nucléaires et des missiles. La visite du chef de la diplomatie sud-coréenne au Japon avait notamment pour but de régler les oppositions entre Tokyo et Séoul sur cette question.


Pékin se donne néanmoins le beau rôle. Ce raidissement intervient alors qu’une flottille chinoise est entrée mardi dans les eaux territoriales des îles Senkaku administrées par le Japon. C’est la première fois qu’autant de bateaux officiels chinois se rendent en même temps dans les eaux territoriales de cet archipel inhabité depuis que ce différend territorial s’est aggravé en septembre.

Des nuages de guerre ou un anti-cyclone de paix

Pour asseoir sa légitimité, le nouveau dirigeant chinois Xi Jinping a besoin d’un ennemi. Mieux « un ennemi juré » constate l’historien Roger Williames, professeur à la Sorbonne : « Il tombe du ciel, tout seul et au bon moment, une pomme de discorde qu’est l’île de Senkaku Diaoyu, disputée entre la Chine et le Japon. Le risque est que cette campagne de nationalisme puisse amener à des surenchères incontrôlables ».


Au parlement japonais, le Premier ministre Shinzo Abe a été interrogé sur sa réponse à un éventuel débarquement chinois: «il serait normal que nous les repoussions par la force si d’aventure ils débarquaient», a-t-il prévenu, évoquant les garde-côtes nippons qui assurent la protection de cette zone.


Ni d’un côté ni de l’autre, il n’est question de calmer le jeu.


« Shinzo Abe est un provocateur et démagogue par excellence, sans tabou et décomplexé. Il lui faudra une image d’un homme politique d’une ligne dure, plus droitisée que celle adoptée par ses prédécesseurs dans le passé. C’est dans cette logique qu’il en vient à remettre en cause les jugements du Procès de Tokyo, au risque de provoquer le tollé général des Américains, des Chinois et des Coréens » résume l’historien qui ajoute un élément culturel : le Japon, la Chine, la Corée, ainsi que le Vietnam, partagent la même culture plusieurs fois millénaire de « la face » : « il est pratiquement impensable qu’un homme politique japonais de droite, en plein exercice de pouvoir, fasse le même geste que Willy Brandt, chancelier allemand, « tombé à genoux » au 7 décembre 1970 devant la tombe des victimes polonaises à l’époque des Nazis. Un tel geste serait considéré par le public comme se déchirer la face et l’homme politique se verrait perdre l’estime de son électorat prompt à s’exalter dans le registre nationaliste ».


Au-delà des joutes rhétoriques, de la surenchère des provocations et des différends territoriaux qui font craindre un accident involontaire susceptible de dégénérer en un affrontement plus large, Roger Williames n’en reste pas moins optimiste, à long terme : « force est de constater que la configuration de divers rapports de force dans la région, qui n’est pas sans rappeler l’époque des Royaumes combattants (entre 500 et 200 avant J-C.), est telle qu’il y a des tensions qui finissent par s’annuler dans cette mêlée compliquée et qu’il y a des priorités stratégiques à long terme des uns et des autres acteurs principaux, qui finiront par l’emporter sur des considérations de « face » à court terme ».

Source:Marianne.

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