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LE BLOG DE JACK - Ancien militaire des OPEX (Liban - Kosovo...) et porte-drapeau à l'UFAC des Côtes d'Armor.

20 May

Bruxelles;Londres;Washington:Jean-Yves Le Drian vend le livre blanc.

Publié par jack

Bruxelles;Londres;Washington:Jean-Yves Le Drian vend le livre blanc.

Après avoir présenté le Livre blanc, il faut à présent le défendre. Le ministre de la Défense a effectué une tournée de trois jours, de Bruxelles à Washington en passant par Londres, pour expliquer le contenu de ce document stratégique. Un discours à facettes qui doit répondre aux préoccupations des uns et des autres.

Jean-Yves Le Drian visitait l’école des sous-officiers de l’armée de terre pour présenter le Livre Blanc le 13 mai dernier. ©Sirpa / ADC Jean-Charles Thorel

En fin de semaine dernière, Jean-Yves Le Drian a entrepris d’aller présenter le nouveau Livre blanc sur la Défense et la sécurité nationale à nos principaux alliés et partenaires. Le ministre de la Défense a commencé sa tournée mercredi 15, à Bruxelles, devant le think tank Notre Europe ; avant de s’envoler vers Londres jeudi, pour rencontrer le conseil franco-britannique ; terminant à Washington vendredi face à la fondation Carnegie et au Centre pour les études internationales et stratégiques (CSIS).

Chaque fois, il s’agit de convaincre – rassurer ? – ces assemblées prestigieuses, des choix de la France en matière de Défense pour les années à venir. Ces réunions ont semble t-il accueilli des responsables de la recherche, de l’industrie et des commissions politiques concernées. A Washington, le Secrétaire d’Etat à la Défense, Chuck Hagel, avait même fait le déplacement pour échanger avec son homologue. Au coeur de chaque présentation, les intérêts des interlocuteurs de la France ont été mis en avant, visant à désamorcer rapidement les doutes.

Une Europe de la Défense pragmatique

A Bruxelles, le discours de Jean-Yves Le Drian s’est très logiquement axé sur les questions de Défense à l’échelle de l’Union européenne. Après une très brève introduction, le ministre a annoncé la couleur de la politique française : « pragmatisme ». Et d’expliquer que si l’on voulait que l’Europe de la Défense prenne forme, il fallait « abandonner les postures idéologiques pour agir concrètement à deux, à trois, à cinq, à vingt-sept voire bientôt à vingt-huit ». Il s’agit ici d’abandonner l’idée d’une défense européenne globalisée et unifiée pour lui préférer des démarches inter-étatiques, gérées de manières bilatérales entre les concernés. C’est ce que font déjà Paris et Londres, au travers des accords de Lancaster House.

Jean-Yves Le Drian a de plus dénoncé le cloisonnement entre la Commission européenne et le Service européen d’action extérieure (SEAE). L’outil diplomatique et militaire de l’Union reste une grosse machine qui peine à être réactive. Le ministre enfonce le clou : « depuis plus d’un an, la France a attiré sans relâche l’attention de ses partenaires sur la dangerosité sécuritaire au Mali ». Il justifie ainsi une intervention nationale de Paris, tout en soulignant que « la mise en place d’EUTM Mali s’est révélée efficace mais particulièrement longue ».

Londres, mon amour

Chers « frères d’armes » britanniques, ne vous inquiétez surtout pas. C’est en substance le message qu’a cherché à faire passer Jean-Yves Le Drian à Londres. Un budget maintenu, des refontes d’effectifs indispensables mais surtout des similitudes dans les choix stratégiques entre les deux pays : la France n’a pas décroché et entend bien continuer de développer des relations bilatérales fructueuses avec notre voisin d’outre-Manche. Et de prendre comme exemple la dissuasion nucléaire, intégralement préservée, de la même manière qu’a décidé de le faire la Défense britannique. Il saluera notamment la présence de sir Peter Ricketts, ambassadeur de la Grande-Bretagne à Paris, directement intégré au sein de la Commission du Livre blanc.

Le ministre français a également évoqué les exercices et les rapprochements entre les deux pays, voulus par les accords de Lancaster. Mêmes ambitions, mêmes menaces, Jean-Yves Le Drian ne voit que des raisons pour la France et la Grande-Bretagne d’amplifier leurs efforts communs. Il a enfin admis que du fait du contexte difficile et des réflexions sur le Livre blanc, un certain nombre de réflexions entre les deux pays avaient pris du retard. C’est le cas dans le domaine des missiles, des drones ou du développement de certains services binationaux. Le ministre a assuré s’attendre à présent sur ces sujets à une « nouvelle dynamique » très rapide.

Américains, je vous ai compris !

Outre-Atlantique, le discours était profondément américano-centré. On croirait presque que les réalités de la France évoluent selon le côté de l’océan où l’on en parle. Le Moyen-Orient est ainsi passé, en termes de préoccupations, devant le Sahel. Les budgets militaires asiatiques, une question qui fait beaucoup réfléchir les penseurs américains, sont projetés au coeur des enjeux de notre propre stratégie.

L’exercice s’est voulu ici très pédagogique. Jean-Yves Le Drian énumère les bonnes et les mauvaises nouvelles, tout en les justifiant : budget de Défense maintenu, modèle d’armée nouveau mais pertinent, programmes d’armements retardés par nécessité, forte implication au sein de l’OTAN. Il faut faire comprendre à des Américains inquiets de voir les Européens désarmer que la France entend bien maintenir ses ambitions nationales et internationales dans le domaine.

La longueur du discours a enfin permis d’évoquer certains théâtres d’opération. Le Sahel, bien évidemment, qui est actuellement au coeur des engagements Français. Mais aussi l’Afghanistan, où Jean-Yves Le Drian assure que la France va « poursuivre son soutien dans le recouvrement de sa souveraineté et la recherche d’une transition politique réussie" ».

Source: actudefense.

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