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LE BLOG DE JACK - Ancien militaire des OPEX (Liban - Kosovo...) et porte-drapeau à l'UFAC des Côtes d'Armor.

20 Mar

Le compte-à-rebours a commencé pour le Mirage F1.

Publié par jack

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Entré en service en 1973, le Mirage F1 sera retiré du service en 2014, après 41 ans de service actif sous les cocardes françaises. Intercepteur à l’origine, il tire sa révérence en tant que spécialiste de la reconnaissance, mais aussi de l’attaque au sol en Afghanistan et plus récemment encore, au Mali.


Dassault a produit plus de 700 exemplaires du Mirage F1
© Armée de l’air

Le Mirage F1, appareil fin et racé, n’a pas la même auréole de gloire que son prédécesseur, le Mirage III, mais il a cependant, dès les années 70, assuré la sécurité du ciel français pendant les heures les plus périlleuses de la guerre froide avant de terminer en beauté, en Afrique, en se portant à la rescousse de la population malienne. Les premières études de cet avion remontent à la fin des années 60.

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Mirage F1-CR sur la base de Reims
© Armée de l’air

Dassault planche alors sur un appareil de combat rapide et agile mais plus polyvalent, et plus endurant que le Mirage III. L’avionneur note les requêtes des pilotes de Mirage IIIC/E/R/RD, qui trouvent leur monoréacteur delta rapide et efficace, mais déplorent son endurance réduite et son maniement délicat en phase d’atterrissage. Dassault décide alors que son nouvel avion sera non seulement aussi rapide que son prédécesseur, capable de dépasser Mach 2, mais il devra en plus se poser à moins de 140 KTS. L’avionneur de St Cloud délaissera donc l’aile Delta au profit d’une voilure en flèche munie de dispositifs hypersustentateurs. La motorisation sera assurée par un unique turboréacteur Snecma ATAR 9K50. Le Mirage F1 était né.

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Mirage F1-CR de l’escadron 2-33
© Armée de l’air

L’avion fait son premier vol en 1966. Il entrera en service en 1973 sous la dénomination F1C en temps qu’intercepteur tout temps et ravitaillable en vol qui plus est. Son armement comporte deux canons de 30mm pour le combat air-air rapproché et l’appui au sol. Mais ses principaux outils de travail sont des missiles courte portée à guidage infrarouge Magic ainsi que des missiles moyenne portée R530 puis Super 530F. La pointe avant abrite un radar Thomson-CSF Cyrano IV optimisé pour le combat aérien.

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Dans les années 70, le Mirage F1 fut le perdant du "contrat du siècle" face au F16 américains
© Armée de l’air

Ainsi équipée l’Armée de l’air peut prétendre contrer la menace des avions du pacte de Varsovie. On pense alors bien sûr aux dernières versions du MiG21 Fishbed ainsi qu’au nouveau MiG-23 à géométrie variable déployés en nombre au delà du rideau de fer. Le couple Cyrano IV - missile Super 530 F serait même capable de toucher l’inaccessible MIG 25 Foxbat Russe. Ce monstre d’acier « made in Russia » qu’on croyait alors capable de sillonner la France à Mach 3 pour prendre des photos ou délivrer ses armements.

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Le Mirage F1 fut le digne successeur du Mirage IIIRD
© Armée de l’air

Les années 80 sont marquées par l’arrivée du Mirage 2000 pour assurer les missions air-air et le retrait des Mirage III. Le Mirage F1C évolue alors pour remplir de nouvelles fonctions : l’attaque au sol et la reconnaissance. Il s’agit de la version CT pour l’assaut tactique et de la version, CR pour la recco. C’est cette dernière version qui reste en service en France actuellement. Le Mirage F1CR, servi par ceux qu’on nomme les « pilotes intelligents » a entamé sa carrière à Strasbourg Entzheim pour relever les Mirage IIIRD.

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Le Mirage F1 s’illustra lors de la guerre Iran-Irak aux mains des pilotes irakiens
© Armée de l’air

Véritable œil aérien de l’Armée de l’air, il met en œuvre des caméras très performantes et la fameuse nacelle de reconnaissance électronique ASTAC, capable d’espionner les radars adverses dans les conditions les plus difficiles. Le Mirage F1, sous ses différentes versions continue alors d’assurer les missions les plus exigeantes comme les plus ingrates pendant des décennies sous tous les cieux ; en Europe, en pleine guerre froide, en ex-Yougoslavie notamment, pour ramener des clichés ou assurer l’application des résolutions de l’ONU. En temps de paix, il sert également régulièrement de remorqueur de cibles aériennes lors de campagnes de tir à partir de la base de Corse de Solenzara. Plus récemment le monoréacteur français a servi en Afghanistan et en Afrique pour la recco et l’attaque au sol où sa fiabilité ; sa polyvalence et sa rusticité ont été des plus utiles.

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Mirage F1-CR quittant Kandahar (Afghanistan) le 29 juillet 2011
© Armée de l’air

Côté commercial, le Mirage F1, équipé du nouveau moteur Snecma M53 plus puissant que le 9K50 d’origine, fut le perdant malheureux du « contrat du siècle » dans les années 70 face au F16 Américain. Il s’agissait alors d’équiper la Norvège, la Belgique, les Pays-Bas et le Danemark avec un avion de combat performant. Malgré ce revers, le Mirage F1 s’est tout de même vendu à plus de 700 exemplaires, dont 246 pour la France ; le principal utilisateur export étant l’Irak.

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L’Armée de l’air a engagé ses Mirage F1-CR au Mali, dans le cadre de l’opération Serval
© Armée de l’air

Pendant la guerre Iran-Irak, les pilotes de F4 Phantom évitaient de se frotter au petit monoréacteur français rapide, agile et très bien armé. A plusieurs reprises, les pilotes irakiens ont tenu en échec des F14 Tomcat iraniens, pourtant équipés d’un système d’arme autrement plus performant que celui de l’avion français.

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Le Mirage F1CR, servi par ceux qu’on nomme les « pilotes intelligents »
© Armée de l’air

En septembre 2014, le 2/33 Savoie de Mont-de-Marsan se séparera de ses 17 derniers Mirage F1CR et de ses 4 Mirage F1B. Nul doute que ses pilotes seront ravis de découvrir de nouvelles montures, sans doute plus modernes et plus puissantes, mais ils auront aussi le cœur lourd d’abandonner un vieux guerrier, qui, bien que dépassé techniquement, a toujours su s’adapter, au gré des changements d’époque, pour « faire le job » quelles que soient les difficultés du moment. Et c’est tout ce qu’on attendait de lui.

La rédaction

Source:aérobuzz.fr



 

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