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LE BLOG DE JACK - Ancien militaire des OPEX (Liban - Kosovo...) et porte-drapeau à l'UFAC des Côtes d'Armor.

20 Feb

Golfe de Guinée:l'Afrique de l'Ouest exposée à une explosion des actes de piraterie.

Publié par jack

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Pour l’Europe comme pour l’Afrique de l’ouest, la piraterie dans le Golfe de Guinée redevient une priorité sécuritaire. Le nombre d’attaques dans cette région mal protégée a explosé en 2012. Les agresseurs se montrent particulièrement violents et bien informés.

Février 2012 : des marins français portent assistance au Fourseas SW, un cargo qui vient d’être attaqué alors qu’il se dirige vers le Nigéria.

Le dernier rapport du Bureau maritime international (BMI) publié en janvier 2013 indique que le nombre d’attaques de pirates a baissé de 48% pour atteindre 297. La Somalie est passée au deuxième rang mondial avec 49 attaques répertoriées (contre 160 en 2011), laissant la plus haute marche du podium à l’Indonésie. Avec 81 attaques, cette dernière double presque son bilan de 2011, lorsque 41 attaques avaient été enregistrées. S’agissant de la Somalie, on notera volontiers que l’action conjuguée des forces navales étrangères déployées au large de ses côtes, les mesures de sécurité passives ainsi que la présence d’équipes de protection à bord des navires de commerce ont ainsi permis que le nombre d’attaques pirates passe allégrement de 237 constatés en 2011 à 75 pour l’année 2012.

L’Afrique dans son ensemble connaît assurément un nombre élevé d’actes de piraterie, la baisse constatée en Somalie et dans le golfe d’Aden étant compensée en partie par une hausse continue des incidents dans le golfe de Guinée. Les pirates qui sévissent dans cette région sont particulièrement violents et le risque est qu’ils étendent leur zone d’opérations du Nigéria, là où ils sont actuellement les plus actifs, vers le Bénin et la Côte d’Ivoire.

De fait, la Côte d’Ivoire est touchée à son tour par les actes de piraterie qui se multiplient dans le golfe de Guinée : 58 navires ont été attaqués sur les côtes de l’Afrique de l’Ouest en 2012. Un pétrolier français, battant pavillon luxembourgeois, a été détourné en janvier 2013 et libéré après une semaine au large de la Côte d’Ivoire, dans les eaux du golfe de Guinée où les actes de pirateries sont en progression.  Deux des 17 marins avaient été légèrement blessés et pris en charge médicalement et une partie de la cargaison a été volée. Parti du port ivoirien d’Abidjan le 31 janvier 2013 avec 3.000 tonnes de gasoil, le navire en avait déchargé une partie sur un autre bateau avant d’être détourné à 139 kilomètres du port. Pour les autorités ivoiriennes, qui de leur propre aveu n’ont « pas de navires destinés à la surveillance des eaux maritimes », c’est le troisième acte de piraterie en moins de cinq mois. 

Toujours en janvier 2013, un pétrolier nigérian battant pavillon panaméen avait été victime d’une attaque de pirates à son ancrage d’Abidjan. Début octobre 2012, un tanker grec avait subi une attaque semblable au même endroit. Jusqu’à présent, la Côte d’Ivoire avait été préservée de la piraterie en mer qui se développe dans le Golfe de Guinée. Fréquente au Nigeria, premier producteur de pétrole d’Afrique, la piraterie a gagné les eaux du Bénin, où les attaques de navires avaient explosé en 2011.

« Il apparait que les pirates se déplacent vers la Côte d’Ivoire car le Nigeria et le Bénin ont augmenté la fréquence de leurs patrouilles dans le Golfe de Guinée », note Noel Choong, responsable du département de piraterie du Bureau maritime international qui siège à Kuala Lumpur

Mais il y a plus, le colonel Mamadou Mariko, directeur technique à l’Organisation maritime de l’Afrique de l’Ouest et du Centre (OMAOC), basée à Abidjan indique que les groupes armés qui piratent les navires « sont parfaitement informés sur le potentiel de chaque pays et savent que de ce côté du Golfe de Guinée, il n’y a pas beaucoup de surveillance ». Pour la Côte d’Ivoire « il y a urgence », a-t-il alerté : Abidjan doit prendre « le problème à bras-le-corps« .

Pour mémoire, le 16 janvier 2013, un pétrolier battant pavillon panaméen avait été victime d’une attaque de pirates à son ancrage à Abidjan, la capitale économique de la Côte d’Ivoire. Les 16 membres de l’équipage avaient été séquestrés et tout le chargement débarqué. Début octobre 2012, un tanker grec avait subi une attaque semblable au même endroit. Les pirates s’étaient enfuis après avoir emporté leur butin, dont la nature n’avait pas été précisée

Jusque-là, la Côte d’Ivoire avait été préservée de la piraterie en mer qui se développe dans le golfe de Guinée. Quasiment tous les 58 «incidents» recensés par le BMI sur la côte ouest de l’Afrique en 2012, qui se sont soldés par la prise en otage de 207 membres d’équipage, se sont produits dans cette zone.

Des marins français de l'opération Corymbe profitent d'une escale au Ghana pour proposer une période d'instruction à leurs homologues locaux.

Des marins français de l’opération Corymbe profitent d’une escale au Ghana pour proposer une période d’instruction à leurs homologues locaux.

Le phénomène inquiète l’Union européenne, dont 13 % des importations de pétrole et 6 % des importations de gaz proviennent de cette région. Dans ce contexte, en janvier 2013, l’UE a mis en place le programme Crimgo (Routes maritimes critiques du golfe de Guinée), qui vise à renforcer la formation des garde-côtes et l’échange des informations sur les actes de piraterie dans sept pays du golfe de Guinée : le Gabon, les îles de Sao Tomé-et-Principe, la Guinée équatoriale, le Cameroun, le Nigeria, le Bénin et le Togo.

Qu’on y songe, le Nigeria, fort de sa position enviée de premier producteur de pétrole d’Afrique, est depuis longtemps le pays le plus affecté par la piraterie sur les côtes ouest de l’Afrique. Entre 2008 et 2012, le BMI y avait recensé 98 actes de piraterie, de vols à main armée commis en mer et de pollution maritime. En 2012, la moitié des actes de piraterie dans le golfe de Guinée concernait encore le Nigeria. Mais la piraterie est en hausse au Togo, où les attaques sont passées de 5 en 2011, à 15 en 2012. Les côtes de l’Afrique de l’Ouest sont désormais identifiées comme le nouveau point chaud de la piraterie, où les tankers chargés de brut sont particulièrement visés.

La situation dans le golfe d’Aden tend à s’améliorer en raison de la présence des forces navales notamment déployées par l’Union européenne de l’UE (Eunavfor Atalanta), de l’OTAN (Ocean Shield) et de la coalition emmenée par les Américains (CTF 151).

Pour autant  pour le commandant adjoint de l’opération Atalanta, le contre-amiral italien Gualtiero Mattesi : – interviewé par Nicolas Gros-Verheyde, in Bruxelles2.eu – « Nous avons devant nous un succès tactique mais réversible. Il est essentiel que la pression sur les pirates et sur leur business model soit maintenue, voire amplifiée. Cela passe par l’application des meilleures pratiques ».

Photos : EMA / Marine nationale

  Source:actudefense.com
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