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LE BLOG DE JACK - Ancien militaire des OPEX (Liban - Kosovo...) et porte-drapeau à l'UFAC des Côtes d'Armor.

07 Apr

Fusion-la Bretagne suit de près le vote alsacien.

Publié par jack

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Les Alsaciens votent ce dimanche sur le projet de fusion de leur région et de leurs deux départements en une seule et même collectivité. Un vote qui sera suivi de près, y compris en Bretagne où des élus prônent le même processus pour leur région.

Si l'on en croit les sondages, le résultat ne fait pas de doute : les Alsaciens devraient se prononcer ce dimanche en faveur de la fusion de leur région et de leurs deux départements en une seule collectivité. Reste à savoir s'ils seront plus de 25 % à se déplacer, seuil nécessaire pour la prise en compte de ce référendum régional qui n'est pas en lien direct avec l'actuel projet de décentralisation de Marylise Lebranchu, lequel doit être présenté la semaine prochaine en Conseil des ministres. C'est sous le gouvernement Sarkozy qu'a été lancée cette initiative alsacienne.

Un terreau favorable
Ce vote devrait permettre de donner une assise démocratique au processus d'intégration dans cette seule région française dirigée par la droite, où la partie n'est cependant pas gagnée d'avance car le projet cristallise des oppositions. Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon se retrouvent, pour une fois, sur la même ligne pour le rejeter, de même que certains élus locaux et syndicats jugeant d'un oeil réprobateur cette régionalisation à marche forcée. L'Alsace, il est vrai, est un terreau favorable pour une telle expérimentation. Elle n'est constituée que de deux départements, ce qui réduit le champ des oppositions, et sa proximité avec l'Allemagne lui donne l'exemple des landers d'Outre-Rhin, réputés efficaces dans l'action publique.

Le Fur : « Un vrai projet »
Des élus bretons n'ont d'ailleurs pas attendu le résultat pour aller juger sur pièces. Une délégation conduite par le député costarmoricain Marc Le Fur (UMP) a passé deux jours, cette semaine, en Alsace et le parlementaire se dit tout à fait favorable à un tel processus. « C'est, dit-il, un vrai projet porté par des élus et la société civile qui concentre un large spectre politique. Et, contrairement au projet de décentralisation, il est ici porté par la base pour faire mieux avec moins d'argent. Peut-être n'est-il pas duplicable tel quel à des régions plus grandes. Mais si ce référendum est approuvé, comme je l'espère, je crois qu'il peut déclencher quelque chose d'important. » Du côté du PS breton, ils sont bien peu à se prononcer pour une telle option, à l'exception notable de Bernard Poignant, maire de Quimper, qui s'est déjà engagé en faveur du regroupement de collectivités.

Ferrand : « Faire éclore les initiatives locales »
Mais s'il faut avancer sur ce terrain, pourquoi pas, répond Richard Ferrand, député PS finistérien qui a été consulté pour l'élaboration du projet de loi de Marylise Lebranchu. « Ce que je retiens de l'initiative alsacienne, souligne-t-il, c'est qu'elle illustre la possibilité de faire éclore des initiatives locales. C'est l'esprit même du projet de décentralisation de Marylise Lebranchu qui vise à mobiliser les élus sur l'avenir de leur territoire et à leur donner la possibilité de définir leurs modalités de gouvernance. C'est un pacte de confiance entre l'État et les collectivités locales pour une approche différenciée par région, car on ne peut pas traiter par l'uniformité la diversité de nos territoires. L'initiative alsacienne n'est probablement pas transposable telle quelle mais le développement des initiatives locales devrait contribuer à moderniser l'action publique, à gagner en efficacité et à assurer des services publics à coûts maîtrisés ».

Le Brun : « Prendre le risque du changement »
Agnès Le Brun, maire de Morlaix et chef de file de l'UMP dans le Finistère se dit, elle aussi, « favorable à cette expérience alsacienne. Je note que les socialistes bretons, qui se disent très innovateurs, sont en réalité très conformistes dans les faits. Ils sont à la traîne de l'Alsace qui a su prendre le risque du changement. La Bretagne ne gagnera rien à préférer le confort de l'immobilisme des baronnies ». Le projet de décentralisation ne trouve aucune grâce à ses yeux, porté, il est vrai, par son adversaire aux dernières législatives. « Ce n'est pas tant, dit-elle, un nouvel acte de décentralisation qui s'imposait mais une réforme de la décentralisation telle qu'elle existe aujourd'hui, pour que nos concitoyens sachent qui fait quoi. Or, ce projet complexifie le problème et va renforcer une forme de jacobinisme régional. »

  • René Perez
  • Source: Le Télégramme.

 

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