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LE BLOG DE JACK - Ancien militaire des OPEX (Liban - Kosovo...) et porte-drapeau à l'UFAC des Côtes d'Armor.

07 Jan

Français,soldat,résistant mais toujours "niah-koué".

Publié par jack

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À 95 ans, Kiem Van Pham se sent une nouvelle fois humilié par l'administration

Cet ancien tirailleur indochinois de 95 ans vit comme une terrible humiliation le refus de visa de court séjour adressé à sa petite-nièce qui souhaitait assister à l’ouverture de l’année Capitale.

Photo La Provence

Non, Kiem Van Pham ne jettera pas son passeport français au visage de ses compatriotes. Pour la France, cet ancien tirailleur indochinois a toujours donné sans compter. Mais cet homme de 95 ans vit comme une terrible humiliation le refus... minable que vient de lui opposer le pays pour lequel il s’est tant battu.

"Pour la dernière fois peut-être, mon père voulait voir sa petite-nièce, Minh, sa dernière parente au Vietnam. Trop fatigué pour faire le voyage, il l’avait invitée à Marseille, pour l’ouverture de l’année capitale de la Culture", explique son fils, Yves. Mais les assurances apportées par les Van Pham sur les conditions du séjour de Minh, qui a économisé sou par sou pour ce voyage en France, n’ont pas suffi : le visa de court séjour a été refusé par le consulat de France à Ho-Chi-Minh-Ville. Qui craint sans doute que la jeune femme ne reparte plus au Vietnam.

Engagé volontaire à 20 ans

"Mon père a beau être Français, il reste un niah-koué pour l’administration...", en conclut durement Yves, qui nous conte l’histoire, triste et belle, du soldat Kiem Van Pham. Ce parcours, qui a été retracé dans un livre et dans un film (*), fera sans doute écho dans de nombreuses familles d’origine indochinoise. Né dans le Annam en 1918 (ou en 1919 : l’administration coloniale ne se souciait guère de ce genre de détail), Kiem a 20 ans quand il s’engage en 1939 dans l’armée française, comme le feront 20 000 jeunes Indochinois.

Cinq semaines de voyage dans la cale d’un bateau plus tard, il débarque à Marseille, avant d’être acheminé en Normandie sur la ligne de front. Où il est fait prisonnier. Suivront trois années de stalag en Allemagne et en France, des camps "réservés aux Indigènes", où les conditions de détention sont particulièrement difficiles. "Transféré à Saint-Dizier, mon père a réussi à s’évader, poursuit Yves, Il a rejoint un réseau FFI et s’est engagé activement dans la Résistance 7 mois durant."

En septembre 1944, Kiem demande à être réintégré dans l’armée. Au sein de la 10e division d’infanterie, il participe à la libération de Colmar et de Mulhouse, puis prend part à l’occupation de L’Allemagne dans la région de Coblence.

Deux fois Français...

Kiem, devenu sergent, refusa de retourner se battre contre les siens, en Indochine. Il est démobilisé en 1946. À l’époque, ses papiers portent la mention "Français d’origine indigène". "Mais en 1958, lorsqu’il voulut faire renouveler sa carte d’identité, on lui notifia qu’il était désormais un étranger !", raconte son fils. Contraint de quémander la naturalisation, Kiem dut attendre six ans que ses démarches aboutissent, "pendant toutes ces années, il continua de voter à chaque scrutin, puisqu’il avait refusé de rendre sa carte d’électeur!"

En 1964, la nationalité française lui est enfin à nouveau accordée... ainsi qu’à ses trois enfants, pourtant tous Français nés en France de mère jurassienne !
"Ce manque de reconnaissance de la France fut une mortification. C’est pourquoi, aujourd’hui, ce refus de visa lui fait revivre très douloureusement cette humiliation", dit son fils. Cadre territorial à Marseille, Yves Van Pham se refuse à faire jouer ses relations pour faire venir en France sa petite-cousine. "Le piston, le clientélisme, ce n’est pas digne de mon père."

Kiem Van Pham ne jettera pas son passeport et une nationalité française si durement acquise. Mais son fils vient d’écrire au Président François Hollande pour lui conter cette histoire. Dans sa lettre, il joindra les insignes de l’Ordre du Mérite qui lui ont été remis il y a quelques années. À la nation, la famille Van Pham ne demandait pas tant...

(*) "Kiem Pham Van, l’évadé des Annexes" de Guy Scaggion et "Oubliés et trahis", un film de Violaine Dejoie-Robin et Armelle Mabon sur les prisonniers indigènes durant la Seconde Guerre mondiale.

 

Sophie MANELLI

Source: La Provence.com

Pour être bien vu et avoir droit à tout il faut:être étranger et surtout n'avoir rien apporté au pays;si ce ne sont les emmerdes ! C'est une décision lamentable qui une fois de plus pénalise les anciens combattants.Quand je pense qu'en contrepartie ,on va accueillir sur notre sol les Afghans qui ont travaillé pour l'armée française;il y a vraiment deux poids deux mesures!

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