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LE BLOG DE JACK - Ancien militaire des OPEX (Liban - Kosovo...) et porte-drapeau à l'UFAC des Côtes d'Armor.

02 Feb

Défense: des réponses politiques loin d'être à la hauteur.

Publié par jack

actu-patate-hollande-tombouctou-218x300.gifFrançois Hollande se découvre chef de guerre au Mali.

 

La Défense reste historiquement un sujet sur lesquels les politiques se mouillent peu. Il suffit de se souvenir des promesses de campagne de François Hollande : beaucoup de continuité et quelques promesses qui n’engagent à pas grand chose. Extrait de l’ouvrage « Le déclin de l’armée française ».

La sécurité est au coeur du débat politique, la défense n’est qu’un sujet périphérique. Et pourtant, le président de la République est, en France, le chef des armées : les questions qui lui sont adressées devraient peser, des réponses et des engagements précis devraient être fournis par les candidats.

Ces questions sont graves : la France entend-elle conserver un système de défense nationale et en a-t-elle les moyens ? Quels sont les niveaux d’intégration à maintenir ou à développer dans le cadre de l’OTAN, outil militaire de l’Alliance Atlantique et de l’Union européenne via la poursuite de la construction de l’Europe de la défense, aujourd’hui en panne ? Quel lien développer, et comment, entre l’armée professionnelle et la nation ? Quelle direction choisir pour adapter les forces aux impératifs stratégiques et opérationnels ? Enfin, le traitement de la dette du pays passe-t-il par la réduction du budget de la défense ? Au final, la vraie question porte sur la vision d’une stratégie d’ensemble.

De la gauche socialiste à l’extrême droite, du programme de François Hollande, assez largement inscrit dans la continuité, à celui de Marine Le Pen, en rupture, les positions et les projets, évidemment, divergent. La part consacrée à la défense par François Hollande, au fil de ses 60 points d’un programme d’engagement pour la France, est mince. Le thème de la défense est abordé en fin de liste. Les promesses conjuguent ambition nationale élevée et action contre le terrorisme, la conservation des composantes de la dissuasion et le resserrement du lien armée/nation. Cette préoccupation n’est pas pour étonner, elle est dans le droit fil de l’histoire de la République. Suivent les engagements à doter les armées des moyens de leurs missions, ce qui demeure bien vague quant au niveau de ces dotations et à la nature de ces missions… François Hollande déclare : « Nous proposons une refonte globale de notre politique de défense et de sécurité, conforme à nos valeurs et à nos intérêts.«  

En quoi consiste cette refonte ? En deux points : la priorité accordée à la construction d’une Europe de la défense et, fait nouveau qui tranche avec l’état des lieux reposant sur la Constitution : « Concernant les interventions extérieures, la France fait exception parmi les grandes démocraties en engageant ses forces armées sans débat préalable devant le Parlement. Nous réformerons la Constitution afin que, sauf circonstances exceptionnelles, le Parlement soit obligatoirement consulté. » Cette annonce semble de taille et l’intention prévaudrait de limiter les prérogatives du chef de l’exécutif, chef des armées. Une telle mutation devrait générer, via une consultation du Parlement, une implication citoyenne plus forte en ce qui concerne engagement et poursuite des opérations extérieures. Mais le discours de François Hollande du 11 mars 2012 apporte un correctif de taille à ce programme initial : la réforme de la Constitution n’est plus à l’ordre du jour ! L’article 35 permet une consultation du Parlement, une fois engagées les opérations extérieures. François Hollande promet simplement une pratique régulière de la consultation des parlementaires afin d’évaluer la pertinence de la poursuite d’un engagement, sur la durée.

En héritage des choix de François Mitterrand, l’affichage européen était attendu de la majorité des socialistes. Nul ne nie la coopération présente et effective des grands acteurs européens, France, Royaume Uni, Allemagne sur les terrains extérieurs. Français et Allemands se retrouvent, en Afghanistan, au Kosovo engagés dans la force de l’OTAN (KFOR) ; au Liban dans la Finul en application de la résolution 1701 de 2005 du Conseil de sécurité ; en Somalie où ils luttent contre la piraterie dans le cadre de l’opération Atalante. La brigade franco-allemande, créée le 2 octobre 1989, comprend plus de 6 000 hommes, elle est devenue en 1992 une unité du Corps européen, France et Allemagne ont fédéré leurs capacités d’observation spatiale en juillet 2002 et oeuvrent à la réalisation d’un réseau constitué de leurs systèmes de reconnaissance par satellite.

L’Allemagne a suspendu le service militaire en juillet 2011. Comme pour la France et comme pour le Royaume Uni, l’Afghanistan est la plus importante opération extérieure pour la Bundeswehr. Au total, 7 035 militaires allemands étaient en opérations extérieures en septembre 2011 contre près de 14 500 pour la France. L’Allemagne réduit le format de ses armées comme le font la France et le Royaume Uni. Pour les trois pays, une même tendance se dégage : les dépenses de personnel représentent la part la plus élevée des budgets consacrés à la défense. Ces dépenses se chiffrent à environ 14 milliards d’euros pour chacun. Toutes les évolutions lourdes – les tassements des budgets de la défense, en particulier – pourraient indiquer que la triade Paris/Londres/Berlin porte le coeur de la politique européenne de défense, s’il y avait une volonté politique commune et une représentation solidaire de la hiérarchie des intérêts communs. Ce n’est pas le cas.

Le déclin de l’armée française
Catherine Durandin
François Bourin Editeur
Janvier 2013
266 pages

Source: actudefense.com

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