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LE BLOG DE JACK - Ancien militaire des OPEX (Liban - Kosovo...) et porte-drapeau à l'UFAC des Côtes d'Armor.

30 Nov

Cenzub:un centre de tir à balles réelles en milieu urbain unique en Europe.

Publié par jack

8eme-rpima-cenzub2-300x185.jpgL'Armée de terre est aujourd’hui le seul pays européen à disposer d’un complexe de tir à munitions réelles en milieu urbain. Un site exceptionnel et ambitieux qui doit répondre à la nouvelle réalité de ce type d’environnement. Réaliste et varié il offre des possibilités d’exercice du niveau individuel jusqu’au groupe de combat.


Pour l’instant, l’entraînement se focalise sur les niveaux individuel et trinôme.

Le Cenzub, le centre d’entraînement en zone urbaine, déjà d’une rare ambition en Europe, s’est doté en janvier dernier d’un nouveau module dédié au tir à munitions de guerre. Unique sur le continent, ce site consiste en huit pas de tir au travers lesquels les soldats s’exercent au plus près des conditions réelles. Pour l’instant, seuls deux parcours sont ouverts, une rue et un bâtiment. A terme (la date visée est 2014), les hommes pourront s’exercer à la position défensive, courte et longue portée, à l’embuscade, menée ou subir ainsi qu’à l’assaut dans diverses configurations : bâtiments, bidonville, égout …

Les premières sections à expérimenter ce site sont testées d’abord au niveau individuel, puis trinôme  Il s’agit d’être certain que les hommes ont un niveau de maîtrise suffisant de leurs armes et d’eux-mêmes pour se prêter à cet exercice sans mettre leurs camarades en danger. L’utilisation de munitions réelles les soumet en effet à des conditions de stress et de concentration exceptionnelles.

Sur les différentes cibleries, ils sont amenés à tirer sur des portées allant de 5 à 200 mètres, en statique ou en mouvement. Au delà du combat au fusil d’assaut destiné au groupe de combat, ce complexe offre également des possibilités d’exercice au fusil de précision, au lance-grenade, à la mitrailleuse lourde et même à la 12,7mm montée sur véhicule. 

Les cibles, dont une partie sont mobiles, se trouvent ainsi réparties à 360° et sur les trois dimensions. Certaines, vêtues de t-shirts colorés, représentent d’éventuels civils qui devront échapper à des tirs réflexes incontrôlés. Les cibles peuvent être contrôlées à distance, depuis une tour de contrôle offrant une vue sur tout le complexe et depuis laquelle les directeurs de tirs peuvent décider de toutes sortes de petites surprises. On notera ainsi la possibilité d’ajouter des bruits pour simuler diverses ambiances (foule, tirs, combat, silence, cris de blessés …) ou même de lumières : les tireurs pourront ainsi chercher à éteindre ces lampadaires factices grâce à un système ingénieux de miroir basculant réagissant aux tirs.

A terme, les instructeurs de ce complexe espèrent également mettre en oeuvre un long parcours sur 500 mètres qui représenterait une forme de rallye test regroupant les différentes configurations. L’idéal pour eux serait de ne pas avoir à former les hommes, laissant l’instruction à la charge des régiments. Ce complexe doit devenir l’outil de vérification et de validation des compétences en milieu urbain, faisant profiter de sa diversité des groupes ayant déjà eu l’occasion de s’habituer à ce type de conditions de tir.

Photo : ECPAD

écrit par Romain Mielcarek

Romain Mielcarek

Journaliste indépendant, Romain Mielcarek s’est spécialisé sur les thématiques liées à la défense et à la diplomatie. Il travaille régulièrement pour Atlantico, Slate, Défense et Sécurité Internationale et Pays Emergents.

Doctorant en sciences sociales, il mène une thèse sur le récit médiatique du conflit en Afghanistan et les stratégies d’influence, notamment militaires.

Membre de l’Alliance Géostratégique, il a participé à la rédaction des ouvrages « Les guerres low-cost » (Esprit du Livre / 2011) et « Stratégies dans le cyberespace » (Esprit du Livre / 2011).

 

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