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LE BLOG DE JACK - Ancien militaire des OPEX (Liban - Kosovo...) et porte-drapeau à l'UFAC des Côtes d'Armor.

12 Dec

7263 militaires ont disparu des écrans radars lorrains.

Publié par jack

 

 

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Passés de 14 régiments à 9,et de 24000 à 17000 militaires;la Lorraine a comme prévu payé un très lourd tribut à la réorganisation des armées annoncée en 2008.Un déficit compensé par près de 70 millions d'euros d'aide.Bilan.

La saignée » C’est le titre du Républicain Lorrain du 25 juillet 2008. La veille, François Fillon avait présenté la future carte militaire et annoncé que l’Est de la France y paierait un très lourd tribut. Quatre ans plus tard, la saignée se résume à un chiffre : 7 263. C’est le nombre de militaires qui ont disparu entre temps des écrans radars lorrains. Au gré des dissolutions, transferts, remplacements ou autres réorganisations de régiments. Evaluées à 24 195 militaires en 2008, les forces armées (hors gendarmerie) ont fondu comme neige au soleil. À l’horizon 2014, la Lorraine n’en comptera plus que 16 932. Une fois que les 900 dernières victimes de la réorganisation des armées, celles du 8 e RA de Commercy, feront définitivement leur paquetage, cet été. Le point final ? Les Meusiens l’espèrent. Car des incertitudes planent encore sur le devenir du 3 e régiment d’hélicoptères de combat d’Etain.

Si la Meurthe-et-Moselle a globalement réussi à maintenir ses effectifs, la Moselle et la Meuse ne peuvent pas en dire autant. Les deux départements historiquement les plus attachés à une présence militaire, sont ceux pour qui les dommages collatéraux sont les plus importants. Particulièrement sur le bassin de Metz-Thionville qui a vu ses effectifs chuter de plus de 50 %, passant de 9 403 en 2008 à 4 300 aujourd’hui. Pendant que la Meuse perdait 1 400 des 3 400 militaires qui faisaient sa fierté.

« La Lorraine compte encore neuf régiments et reste donc parmi les régions les plus militarisées », veut positiver l’armée. Peut-être. Mais cela paraît bien maigre face aux quatorze régiments que comptait en 2008 le territoire. Surtout si on se souvient que l’hémorragie initialement prévue a été légèrement endiguée par la pugnacité des élus de Metz et de Bitche qui ont obtenu, in extremis, le rapatriement sur leurs terres de deux régiments stationnés en Allemagne : le 3 e régiment de hussards et le 16 e bataillon de chasseurs.

Sinistrabilité

Le reste s’est réglé à coups de millions d’euros. « Sur les 320 M€ alloués par le ministère de la Défense, la Lorraine en a touché 20 %. Metz en concentre à elle seule 10 % », relève Eric Padieu, délégué régional à l’accompagnement des restructurations. Ces 70 M€ ont été distribués via différents dispositifs en fonction de la « sinistrabilité économique » d’un territoire. Bitche, Toul et Verdun ont ainsi bénéficié d’un Plan local de redynamisation (PLR), soit au maximum 3 M€. Là où Metz et Dieuze ont eu droit à des Contrats de redynamisation de sites de défense (CRSD), beaucoup plus importants en volume financier puisque ces villes ont obtenu respectivement 32 M€ et 14 M€ de la part du ministère de la Défense. Commercy bénéficie, pour sa part, d’un dispositif unique, baptisé Contrat de développement économique (CDE) et qui lui permet de toucher 11,5 M€.

Ces sommes, qui devaient être injectées dans des opérations visant à créer des emplois, ont aussi servi à pas mal d’équipements collectifs. Comme à Metz le Mettis ou le Centre Pompidou ou à Bitche le développement numérique. Autre mesure positive : les cessions de terrains à l’euro symbolique. « Pour une ville comme Metz, récupérer 400 hectares dans sa proche banlieue demande certes de l’investissement pour aménager, mais ce n’est pas non plus le cadeau empoisonné qu’on entend parfois », estime Eric Padieu. Dernier volet : les aides directes aux entreprises. Réservées prioritairement aux PME, elles peuvent aussi s’adresser à de grands groupes. C’est le cas pour la future implantation de Safran à Commercy. À l’heure actuelle, 6 M€ ont été versés. Dont 1,8 M€ à Safran. Pour un total de 607 emplois créés.

Philippe MARQUE.
Source: Le Républicain Lorrain.
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